Rembrandt BUGATTI (1884-1916) - Lot 92

Lot 92
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Estimation :
250000 - 350000 EUR
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Rembrandt BUGATTI (1884-1916) - Lot 92
Rembrandt BUGATTI (1884-1916) Lionne couchée baillant (circa 1903-1904) Épreuve en bronze à patine brun vert. Cachet de fondeur "Cire perdue AA Hébrard" Signée et située sur la terrasse "R Bugatti Paris" 28 x 54 x 23 cm Repose sur un socle en marbre. Bibliographie en rapport : Véronique Fromanger, Rembrandt Bugatti sculpteur, répertoire monographique, Les Éditions de l’Amateur, Paris, 2009, modèle répertorié sous p. 273, numéro 47 repr. (Épreuve non précisée). Cinq exemplaires sont répertoriés à ce jour, dont un a été conservé dans la collection du célèbre acteur français Alain Delon. Un certificat de Véronique Fromanger sera remis à l’ac- quéreur. Provenance : - Collection P.G. - Dans la descendance de ce dernier. Entre 1903 et 1908, Rembrandt Bugatti découvre et étudie longuement les animaux sauvages de la Ménagerie du Jardin des Plantes. Alors qu’il s’est d’abord consacré aux animaux domestiques ou de la ferme, Bugatti se passionne à présent pour les espèces sauvages : il "poursuit le cycle des grands fauves". Il observe longuement ses modèles dans les différents zoos qu’il fréquente, et sa méthode de travail - modelage à main libre, sans instruments, sans esquisse préparatoire -, l’aide à capter les attitudes de ses modèles avec justesse et spontanéité. Autodidacte, le sculpteur saisit force et mouvement de cette faune et les inscrit dans le bronze. Né à Milan, Rembrandt Bugatti est aussi le frère d'Ettore Bugatti, génial et célèbre constructeur automobile. La première guerre mondiale éclate et les oeuvres de Rembrandt ne se vendent plus, les animaux sont tués pour leur chair.... Le sculpteur se suicide en 1916. En hommage à son frère, Ettore utilise l'éléphant en bouchon de voiture. Cette épreuve en bronze saisit un moment d’une grande simplicité : une lionne couchée bâillant. Bugatti choisit un instant intime, presque familier, dans la vie d’un animal réputé puissant et majestueux. La gueule ouverte dans l’élongation du bâillement, les crocs du félin apparaissent. Les pates antérieures sont élégamment croisées, laissant apparaitre une forte musculature. Il suggère ainsi la puissance de la lionne qui s'abandonne dans un geste du quotidien si humain et si animal à la fois. Le modelé est souple, presque tactile : Bugatti travaille la surface avec des stries, des touches rapides, qui expriment le mouvement de la peau et la vibration des muscles. Les plis dans le dos de l'animal sont particulièrement réussis. La pose, à la fois simple et inattendue, révèle l’approche profondément empathique du sculpteur envers les animaux. Bugatti observait longuement les fauves au Jardin des Plantes, cherchant à saisir non pas seulement leur anatomie, mais leur comportement, leur humeur, leur respiration. Dans cette lionne bâillant, il capte un geste universel, presque humain, ce qui crée une proximité entre le spectateur et l’animal. Le bâillement devient une passerelle entre les espèces : on lit dans cette ouverture de gueule non une menace, mais une fatigue douce, une relâche. La composition, compacte et équilibrée, donne à la sculpture une présence forte malgré l’apparente banalité du geste. Le bronze, patiné de tonalités chaudes ou sombres selon les éditions, accentue le caractère sensuel et robuste de la pièce. L’œuvre témoigne de la volonté de Bugatti de représenter les animaux dans leur vérité la plus simple, loin des symboles héroïques ou moralisateurs habituels. Ainsi, La Lionne bâillant est une œuvre qui allie observation attentive, sensibilité émotionnelle et virtuosité technique. un sculpteur capable de transformer un instant ordinaire de la vie animale en une scène profondément poétique. Rembrandt Bugatti est le narrateur des psychologies animales.
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